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De nombreux patients ne répondent pas au traitement standard

En 2013, la cirrhose était responsable de 1,2 million de décès dans le monde, sans prendre en compte plus de 750 000 décès secondaire à un cancer du foie, principalement du à une cirrhose. Tandis que la plupart des patients atteints de cirrhose ne présentent initialement aucun symptôme, la décompensation aiguë de la cirrhose, définie comme l’incapacité du corps à faire face au dysfonctionnement progressif du foie, entraîne des symptômes contraignants. La décompensation se caractérise par le développement d’une ascite, d’encéphalopathie hépatique, d’ictère et/ou d’hémorragie digestive, et constitue souvent un tournant évolutif dans la maladie : l’espérance de vie moyenne d’un patient présentant une cirrhose compensée est de 10 à 13 ans, contre seulement 2 ans en cas de décompensation. Entre le 1er et 3ème mois suivant la décompensation aiguë, il existe un risque élevé d’ « acute-on-chronic liver failure » (ACLF, 11 % au 28e jour) ou de décès (5 % au 28e jour et 14 % au 90e jour). L’ACLF se caractérise par une défaillance d’un ou plusieurs organes (hépatique, rénale, neurologique, coagulation, hémodynamique, respiratoire) et des taux de mortalité très élevés (33 % au 28e jour et 50 % au 90e jour), démontrant que l’ACLF est en grande partie la principale cause de décès dans la cirrhose décompensée.

Le fait que certains patients atteints de cirrhose décompensée guérissent, alors que beaucoup d’autres décèdent si rapidement est à la fois tragique et déconcertant car de nombreux traitements ciblant des aspects spécifiques de la maladie sont déjà disponibles, tels que les antibiotiques intraveineux et oraux absorbables, les antibiotiques oraux non absorbables, les agents antiviraux, l’albumine, les laxatifs, les diurétiques, les bêta-bloquants non cardio-sélectifs, les vasoconstricteurs, les statines, les anticoagulants, les stéroïdes et les inhibiteurs de la pompe à protons. La différence dans la réponse des patients au traitement s’explique probablement par la grande variabilité inter-individuelle des événements déclencheurs et des présentations cliniques, mais aussi par le fait que des facteurs importants impliqués dans la physiopathologie de la décompensation de la cirrhose ont probablement été négligés jusqu’à présent. Cette hétérogénéité clinique appelle des thérapies combinatoires nouvelles et personnalisées selon des mécanismes sous-jacents basés sur la génétique, le sexe, l’histoire de la maladie et la physiologie de chaque patient.

C’est là qu’intervient DECISION : le consortium de recherche effectuera un profilage multi-omique de grandes cohortes de patients déjà existantes et cliniquement bien caractérisées, comprenant 2 200 patients avec des échantillons de biobanque standardisés facilement disponibles. Les connaissances acquises permettront le développement d’un test pronostique et d’un test de réponse thérapeutique, et débouchera sur de nouvelles thérapies combinatoires adaptées à des groupes de patients atteints de décompensation aiguë de cirrhose basée sur les mécanismes de la décompensation aiguë. Le but ultime est bien entendu de réduire au maximum le risque de décès à court terme suite à une décompensation aiguë de cirrhose.

Regardez cette vidéo de 3 minutes du président de l’ELPA, Marko Korenjak, présentant DECISION du point de vue des patients atteints de cirrhose!

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Traitement actuel de la décompensation aiguë de cirrhose versus le traitement personnalisé de groupes spécifiques de patients avec de nouvelles thérapies combinatoires suite au projet DECISION.